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Mariétou SISSOKO
L’Editorial photographique a pour but de faire connaître, à travers le site web de la Maison Africaine de la Photographie (MAP), les jeunes photographes et de susciter des discussions autour de leurs travaux photographiques. Après le répertoire photographique du Mali, la MAP veut ainsi mettre en place une documentation sur les photographes maliens et un système de diffusion de leurs oeuvres. l’Editorial photographique sera un outil de communication mensuel, à travers lequel l’interview d’un photographe passe pendant un mois sur le site et est renouvelé chaque mois avec un nouveau photographe. Responsable du programme : Amadou SOW [1] Propos recueillis par Amadou SOW
N° 001 MAP/MCUNE DEMARCHE VERS LA PHOTOGRAPHIE CONTEMPORAINE
Être photographe, c’est être solide et courageux, mais aussi avoir un objectif bien précis (réfléchir sur ceux que tu veux faire). Depuis plus d’une décennie, les photographes maliens continuent de se faire connaître au-delà des frontières africaines et européennes. Cette émergence de la photographie produite par les Maliens s’explique par l’engagement de la nouvelle génération qui a décidé de tourner la page des années 60 marquée par le portrait dans les studios photos. Ainsi est née l’idée d’une photographie contemporaine au Mali. Mariétou Sissoko fait partie de cette génération qui détourne le chemin du studio portraitiste vers une création artistique afin de porter son jugement sur la société. Née dans la 1ère région du Mali (Kayes). Après 12 années de scolarisation, elle décide de faire une carrière dans la photographie. ![]() Mariétou SISSOKO Nous l’avons rencontrée pour un petit entretien. Amadou SOW (A.S.) : Bonjour, Mariétou. Vous êtes l’invitée du premier numéro de l’Editorial photographique qui a pour but de faire la promotion des jeunes photographes du Mali et d’ailleurs que nous voulons faire connaître du grand public à travers l’internet. Cet éditorial est une rubrique mensuelle diffusée sur le site de la Maison Africaine de la Photographie (MAP) : www.fotoafrica.org.
Mariétou SISSOKO (M.S.) : Je m’appelle Mariétou Sissoko. Je suis photographe et j’habite à Niomirambougou. Je suis venue à la photo par passion, il y a de cela 6 années. Et j’y suis rentrée pour me faire connaître à travers le monde. Je sais qu’être photographe et de surcroît, une femme, n’est pas facile. Il faut être solide, courageuse et avoir un objectif bien précis ; réfléchir sur ce que tu veux photographier. Seulement quand on a l’amour d’une chose, on le fait malgré les contraintes. A.S. : Avez-vous suivi une formation photographique ? M.S. : Oui. J’ai fait une formation photographique à Promo-femme (2001-2002) puis au Centre de Formation en Photographie de Helvetas au Mali (actuel C F P) pendant 2 années (2002-2005). A.S. : En tant que photographe professionnelle, qu’est-ce que la photo représente pour vous et quelle définition pouvez-vous donner à la photo ? M S : Pour moi, la photo représente un art, une expression et aussi un moyen de se procurer des revenus. Elle se définit comme une écriture faite par la lumière sur une surface sensible, c’est pourquoi on dit qu’il n’y a pas de photo sans lumière. A.S. : Avez-vous rencontré des difficultés au cours de votre parcours ? M.S. : Il y a énormément de difficultés dans la photographie. Tout d’abord financièrement, surtout l’achat de matériels argentiques noirs et blancs et numériques coûtent excessivement chers. Il y a peu de soutien. Au niveau social, pour photographier les personnes, elles se rebellent chaque fois qu’on les fixent dans l’objectif ou nous demandent de l’argent. A.S. : Avez-vous entendu parler des Rencontres Africaines de la Photographie de Bamako et que représentent-elles pour vous ? M.S. : Bien sûr que j’en ai entendu parlées. J’ai même postulé aux deux dernières éditions. Mais malheureusement mon dossier n’a pas été sélectionné. Elles représentent pour moi un défilé des images des Africains et de la diaspora que nous voyons afficher pendant un mois et qu’on décroche ensuite pour retourner en Europe ou faire le tour du monde. C’est aussi un espace d’échange et de rencontres. Il a pour but de promouvoir les photographes africains ainsi que leurs œuvres. A.S. - Est ce que les Rencontres ont un impact sur la population malienne ? M.S : Oui, les Rencontres ont un impact sur le public bamakois car il est un espace d’échange entre cultures, entre photographes maliens et étrangers. A.S - Que pensez-vous de la création de la MAP ? M. S. : La création de la MAP est une nécessité pour les photographes, elle doit nous guider dans notre démarche photographique, mais aussi nous donner une orientation pour présenter un dossier à la hauteur des Rencontres. A.S : Comment voyez vous l’avenir de la photo au Mali et Bamako en tant que capitale africaine de la photo ? M.S : De mon point de vue, et sincèrement, la préoccupation des photographes au Mali est de chercher de l’argent en couvrant les mariages et les baptêmes. Si nous, les photographes maliens ne cherchons pas à faire avancer ce métier, nos collègues des autres pays vont toujours nous battre lors de grandes manifestations internationales. Car au Mali, il n’y a qu’une minorité qui pense à mettre en valeur les négatifs et en se présentant à plusieurs concours photographiques. A.S : Pourtant, certains photographes comme Alioune Ba, Youssouf Sogodogo et autres consacrent leur travail la création artistique, mais vous n’évoquez pas cette démarche artistique et pourquoi ? M.S : je n’ai pas parlé de la photographie d’art parce qu’on ne peut pas vivre de ce genre photographique au Mali. Généralement, ce sont des gens qui font autre chose pour se nourrir (fonctionnaires ou salariés...) qui s’adonnent à ça. A. S. : Que pensez-vous de la photo en tant que discipline artistique ? M S : Je reconnais la photo en tant que forme artistique permettant de critiquer, sensibiliser la société comme le théâtre par rapport à un état de fait. A.S. Quels sont les thèmes que vous abordez dans vos démarches et avec quel support ? M. S : J’aborde le portrait, les gens en activité, les femmes mais aussi les enfants. Je travaille surtout en argentique avec couleur et noir et blanc. A. S : Pourquoi l’argentique pourtant le numérique est en plein essor ? M.S : Au Mali, la question du numérique est surtout une question de coût car un tirage numérique 10x15 coûte 5 fois plus cher qu’un tirage argentique et, en plus, le boîtier numérique coûte très cher. A.S : Quel jugement portez-vous sur le portrait des « Lionnes de Bamako », portrait des personnalités féminines qui ont marqué l’histoire de ce pays à un moment donné ? M.S : Je suis très satisfaite de faire partie de ce projet de reportage réalisé par les jeunes filles-photographes soutenues par l’Association Acte Sept. Cette exposition m’a donné l’opportunité de connaître le parcours des femmes célèbres mais aussi de les côtoyer physiquement. A.S : Avez- vous des projets, c’est-à-dire des perspectives immédiates ou à long terme ? M.S. : Mon ambition est d’aller jusqu’au bout, c’est-à-dire de faire profondément la photo, savoir couvrir de grands événements, des tirages professionnels dans le labo. Ouvrir un site pour vendre mes images sur le net. A.S : Savez-vous qu’il existe un site au Mali qui est géré par Sokona Tounkara et qui vend des images sur ligne ? M.S : Non, je ne le savais pas. A.S. : A titre d’info, le site est : www.afrik.m.com - Faites vous partie d’un groupement photographique si oui, on peut savoir de nom et l’objectif de ce groupement ? M.S : Oui, je suis membre de l’Association des Femmes Photographes du Mali (AFPM) qui a pour but de créer un lien de travail entre les femmes photographes, un lien d’amitié mais aussi une promotion pour les femmes. A.S. : Peut-on savoir un projet de cette association ? M.S : Pour le moment, nous sommes sur un sujet intitulé « les femmes et l’expo » qui est prévue dans 6 mois sauf cas de force majeure. A.S : Quel jugement portez-vous sur la photo au Mali ? M.S : Aujourd’hui, le métier de la photo est devenu tout un problème, car la photo perd chaque jour de sa valeur et cela est dû aux photographes eux-mêmes, il banalise le travail en donnant n’importe quel prix aux photos lors des cérémonies de mariage et de baptême. Je pense que nous devons nous donner la main pour freiner cette pratique. A.S. : Le répertoire est un outil d’organisation sur le paysage photographique, initié par la M A P pour identifier les photographes, studios et associations de photographes. Que pensez-vous de cette initiative ? M.S : Il fallait ce document pour organiser un peu le secteur car pour organiser il faut identifier et le répertoire est un outil qui donne des informations sur le paysage photographique malien et surtout je souhaite que ça ne soit pas le premier et le dernier A.S. : Au terme de cet entretien, avez-vous un dernier mot M.S : Je souhaite que les photographes se rassemblent pour mettre en valeur notre milieu que les gens arrêtent de banaliser notre secteur. A.S : A votre avis, que faut-il faire pour arrêter cette pratique néfaste ? M.S : Les photographes doivent se concerter en vie associative pour fixer un prix unique en tenant compte du pouvoir d’achat du public. La MAP vous remercie pour votre disponibilité et vous prie de découvrir ici quelques de photos de notre invitée sur le travail de la femme africaine. ![]() La bonne épouse est une bonne mère c’est-à-dire une femme qui sait tenir son foyer. Ele est synonyme de "levée tôt", "couché tard", "corvée". ![]() Le poisson, synonyme d’autosuffisance alimentaire. C’est elle qui sait si bien faire la cuisine pour sa maisonnée. ![]() Balayage : la salubrite et l’entretien de la famille, c’est toujours elle qui répond présente. ![]() Cuisinière ![]() La grande cuisine de mariage
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